OCDE: les inégalités hommes/femmes persistent à la fac

OCDE: les inégalités hommes/femmes persistent à la fac

L’université compte toujours plus d’étudiantes que d’étudiants. Mais en 10 ans la mixité dans les filières a à peine progressé. Et le diplôme universitaire n’empêche les inégalités d’accès à l’emploi et de salaire.

De plus en plus d’étudiants sont des étudiantes : c’est l’une des tendances confirmées par l’OCDE dans son rapport ‘Regards sur l’Education 2013’, publié mardi 25 juin (en anglais).

La majorité des diplômés de l’enseignement supérieur dans la trentaine de pays membres de l’OCDE sont désormais des femmes. La situation s’est inversée depuis l’an 2000, où les hommes étaient encore plus nombreux que les femmes à être passés par l’université. Et cette féminisation se poursuit : chez les 30-34 ans, aujourd’hui, plus de 40% des femmes ont suivi des études supérieures, c’est 8 points de plus que les hommes.

Mixité, progrès « marginaux »

Et à l’intérieur de cet ensemble les différences genrées tiennent bon, malgré les tentatives d’évolution. La spécialisation reste la mise, les étudiantes se tournant davantage vers les domaines de la santé et de l’éducation – elles y sont souvent plus de 70%. Les disciplines techniques et scientifiques restent très largement masculines.

Et le rapport de souligner que « cette situation n’a que légèrement évolué depuis 2000, malgré de nombreuses tentatives pour promouvoir l’égalité des sexes dans les pays de l’OCDE et dans l’Union européenne. »

L’UE s’était par exemple fixé pour objectif, en l’an 2000, d’augmenter d’au moins 15% la part de femmes titulaires d’une licence dans une discipline scientifique. Mais les progrès se sont révélés « marginaux », grince l’OCDE. Seuls l’Allemagne, les Républiques tchèque et slovaque et la Suisse ont connu une progression significative. La moyenne des pays de l’OCDE, elle, est passée de 40 à 41% de diplômées en sciences. En France, les chiffres témoignent même d’un franc recul : de 43 à 38% en 10 ans.

Emploi, salaire : les hommes tirent un meilleur profit du diplôme

Autre remarque : le diplôme n’est qu’un frein relatif aux écarts qui pénalisent les femmes sur le marché du travail. Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, et pour tout niveau d’éducation, 65% des femmes sont en emploi, contre 85% des hommes. Plus le niveau de diplôme est bas, plus l’écart est important. Mais même chez les diplômés du supérieur la différence reste « considérable », juge l’OCDE. Le taux d’emploi des femmes reste inférieur de 10 points en moyenne (un peu moins en France, de l’ordre de 6 points).

Les hommes tirent également davantage profit en matière de salaires (en France, la Conférence des grandes écoles le relevait encore tout récemment). L’OCDE calcule le bénéfice salarial de l’obtention d’un diplôme universitaire. En France, les femmes peuvent ainsi compter sur un avantage net de 8.9 % (contre 11.5% en moyenne dans l’OCDE) durant leur vie active, tandis que pour les hommes cet avantage atteint 10.1% (et 13% en moyenne). En savoir plus…

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