“La pista” photos et texte de Emma Barbaro

“La pista” photos et texte de Emma Barbaro

Emma Barbaro, journaliste et rédactrice en chef de “Terre di Frontiera”, nous parle ici du ghetto de Borgo Mezzanone.  Nous vous invitons à découvrir ses photos et à écouter le texte italien lu par Imma Di Marco. Ci-dessous la traduction en français.

Avez-vous déjà été en enfer ? Vous êtes-vous déjà imaginé rester dans un endroit où le bien et le mal se confondent pour former un unique calvaire meurtrier ? Essayez juste d’imaginer une seconde : des hommes qui vivent dans la boue et qui habitent dans des baraquements faits de cartons et de tôles récupérés dans une décharge. Des femmes aux yeux brillants qui travaillent dans les champs ou qui se prostituent dans les maisons closes du ghetto. Des êtres humains qui se nourrissent du peu de choses qu’ils trouvent, qu’ils parviennent à glaner ensemble, qui se contentent de survivre en s’attachant, par rage ou soumission aveugle, aux moindres petits détails. Si vous parvenez à vous représenter tout cela, alors vous y êtes, mais ce n’est qu’un petit aperçu de ce qu’est la réalité. Parce que le ghetto de Borgo Mezzanone de la ville de Foggia – considéré par les spécialistes du sujet comme le plus grand bidonville d’Italie – est un des taudis où errent les âmes des survivants. 
C’est ici que se trouvent les parias de l’humanité. Ces damnés sont plus de cinq mille. Tandis qu’à l’extérieur, dans le Vestibule de l’Enfer, les indolents s’affolent.

Siete mai stati all’Inferno? Avete mai immaginato di sostare in un luogo in cui bene e male, giusto e sbagliato, si mischiano in un unico, colpevole, calvario? Provate solo ad immaginare: uomini che vivono nel fango e dimorano in baracche di cartone e lamiera ricavate tra un campo sterminato di rifiuti. Donne con gli occhi ardenti che lavoranonei campi o si prostituiscono nei bordelli del ghetto. Esseri umani che si saziano del poco che c’è, di quello che riesconoa racimolare, che si accontentano di sopravvivere attaccandosicon rabbia o cieca sottomissione a tutte le piccole cose. Se riuscite ad immaginare tutto questo, ecco, forse siete vicini solo a una piccola rappresentazione della realtà. Perché il ghetto foggiano di Borgo Mezzanone – considerato dagli esperti del settore la più grande baraccopoli d’Italia – è uno degli antri in cui vagano le anime dei sopravvissuti. Qui sostano i reietti dell’umanità. Più di cinquemila sono i dannati. Mentre fuori, nell’antinferno, si affollano gli ignavi.

 

E l’Italia sta a guardare – @Emma Barbaro

“Vivere aggrappati alla frontiera” @Emma Barbaro

Imma Di Marco lit “La Pista”

Leonardo Palmisano at La traite des êtres humains ou l’anéantissement de la dignité 2 décembre 2019, Luxembourg

Leonardo Palmisano at La traite des êtres humains ou l’anéantissement de la dignité 2 décembre 2019, Luxembourg

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Emma Barbaro

Giornalista, caporedattrice del periodico Terre di frontiera. Specializzata in tematiche ambientali. Crede nel cambiamento e nella possibilità di ciascuno di contribuirvi.

 

 

 

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